"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

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CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions
Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

samedi, mai 06, 2006

MUSICALE


SOURCE : www.regardencoulisse.com

UN VIOLON SUR LE TOIT
AU CASINO DE PARIS

du 9 mai au 27 juin 2006 ,

Musique de Jerry Bock... Paroles de Sheldon Harnick... Livret de Joseph Stein

Mise en scène et chorégraphie originale de Jerome Robbins

Mise en scène : Olivier Benezech et Jeanne Deschaux

Adaptation française : Stéphane Laporte

Direction musicale : Thierry Boulanger... Direction vocale : Pierre-Yves Duchesne
Décors : Yves Valente... Costumes : Frédéric Olivier...Lumières : Laurent Castaingt



Si le sens de l’expression « comédie musicale » apparaît aujourd’hui bien frelaté au vu des pièces montées indigestes que l’on nous sert sur scène depuis maintenant bientôt dix ans, il suffit, pour se souvenir de ce que cette expression a bien pu vouloir dire un jour, d’aller au Théâtre Comédia et de s’installer bien confortablement. La magie et les charmes d’Un Violon sur Le Toit ne tarderont certainement pas à vous envoûter dès le lever de rideau pour ne céder la place qu’à une émotion difficilement contenue lors des dernières scènes du spectacle. Comment en effet expliquer l’extraordinaire adéquation entre tous les ingrédients constituant ce spectacle si ce n’est, à la base, l’intelligence d’une pièce de théâtre à l’intrigue bien construite, reposant sur des ressorts émotionnels largement justifiés par l’arrière-plan socio-historique, offrant aux numéros musicaux un développement naturel et à une troupe de comédiens des rôles aux caractères bien trempés. L’histoire est la suivante : dans un village de la Russie tsariste du début du 20ème siècle, un père de famille pauvre, laitier ambulant de son état, et juif pieux mais arrangeant, a plusieurs filles à marier ; à l’encontre de toutes les règles de la tradition, elles feront leur propre chemin et non celui qui semblait tracé pour elles, cependant que les circonstances politiques leur feront à tous fuir les massacres et leur village natal. Cette nouvelle production d’Un Violon sur le Toit est formidable, menée par des comédiens aux divers talents incontestés. La mise en scène très fluide d’Olivier Benezech réussit le miracle de gommer subtilement ce que nous pourrions appeler des longueurs dans le développement du sujet, et la partie orchestrale est menée tambour battant par un orchestre dont la permanence sur scène nous rappelle que la musique berça perpétuellement les bonheurs et les tragédies de ce peuple au cours de son histoire. Nous nous laissons emporter par les superbes ballades nostalgiques, par les monologues passionnés sur l’amour ou l’engagement politique (mention spéciale pour la nouvelle adaptation de Stéphane Laporte qui ôte le caractère « opérette » de la version française des années 60), par les chorégraphies échevelées de Jeanne Deschaux et l’onirisme quasi-gothique de certaines scènes musicales, et surtout par un Franck Vincent dans le rôle principal dont le moins qu’on puisse dire est qu’il fasse honneur à la tradition qui consiste à choisir pour ce rôle, depuis maintenant plus de 40 ans et dans le monde entier, des comédiens d’exception. Mais tous les autres comédiens ont également su s’approprier les caractéristiques de leurs personnages pour recréer des personnalités scéniques très convaincantes : Cathy Sabroux en marieuse inénarrable, Vincent Heden en petit tailleur contorsionné de timidité, Isabelle Ferron en mère impériale, Robert Aburbe en boucher lubrique ou le formidable trio des filles de Tevye (Sandrine Seubille, Christine Bonnard, Amala Landré)… pour n’en citer que quelques uns.Ce Violon sur le Toit nous prouve que Paris peut parfois nous offrir de la « vraie » comédie musicale avec tout ce que ce genre peut comporter de magie, d’émotion et de sincérité. Reste à souhaiter que cette production rencontre beaucoup de succès… et puisse ainsi ouvrir la voie à d’autres spectacles de ce type.


CASINO DE PARIS
17, Rue de Clichy
75009 Paris

M° : Trinité

Du mardi au samedi
20h 30
Dimanche : 15h

Réservations : 08 926 08 926

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Serge Tapierman

UN PRODUCTEUR PROLIFIQUE!

Originaire de Lyon où il possède un cabaret et produit des spectacles musicaux pour enfants, Serge Tapierman a réussi son entrée dans la production de théâtre musical. Ses deux spectacles, Nonnesens et Un Violon sur le Toit, ont connu un joli succès. A l’occasion de la reprise du Violon sur le Toit au Casino de Paris, nous avons rencontré un producteur passionné par le théâtre musical qui ne manque pas de projets ambitieux (Le livre de la jungle, Aladin...) et qui compte bien "résister" à la sinistrose ambiante et aux productions étrangères…


Serge Tapierman, vous reprenez Un Violon sur le Toit au Casino de Paris, vous attendiez-vous à un tel succès ?

Oui, mais je sais que beaucoup de gens étaient sceptiques. Moi je savais que ça allait marcher parce que l’histoire était bonne, les deux metteurs en scène (Olivier Benezech et Jeanne Deschaux) exceptionnels, et nous avions sur scène les meilleurs artistes du théâtre musical accompagnés par un orchestre de seize musiciens. Mais le public n’est pas arrivé en claquant des doigts. Nous avons joué devant des salles vides avant d’avoir des salles pleines grâce au bouche à oreille. Les médias nous ont ignorés dans les premiers temps. En effet, si vous n’avez pas d’artistes connus, vous ne passez pas. L’argent perdu dans les premières semaines a été très difficile à rattraper, heureusement que nous avons pu faire le plein tout le temps après. Un producteur ne vient pas dans ce métier pour gagner de l’argent, il faut se le dire une bonne fois pour toutes ! Il faut être totalement inconscient. Mais que voulez-vous, nous finançons du rêve, on est là pour ça. Les émotions que procure le théâtre musical, on ne les retrouve nulle part ailleurs.


Allez-vous conserver la même équipe pour cette reprise ?

Je suis très fidèle. En général, soit on me quitte au bout de la première semaine, soit on reste avec moi pendant des années. Financièrement ce n’est pas toujours facile pour eux, ils ont fait des efforts, je leur en rend grâce. C’est aussi avec la même équipe que le spectacle partira en tournée de novembre 2006 à avril 2007.


Vous préparez également une nouvelle version de votre précédente production, Nonnesens. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il ne s’agit pas d’une mais de deux nouvelles versions ! Nous serons au Méry à partir du mois d’août et jusqu’en décembre avec deux versions qui se joueront en alternance : une version féminine proche de celle que vous connaissez déjà mais qui s’appellera Sisters Act et une version masculine qui s’appellera Amen dans laquelle les nonnes seront donc interprétées par des hommes. L’idée ne m’appartient pas. Elle est de Dan Goggin, l’auteur américain, qui a décliné le spectacle en plusieurs versions, là-bas c’est un véritable phénomène. Au Méry, nous jouerons en version acoustique avec un pianiste. Christophe Mirambeau va raccourcir un peu le texte pour ramener la durée du spectacle à 1h20. Vous allez aussi produire deux nouvelles comédies musicales d’ici la fin de l’année plus particulièrement destinées aux enfants : Le livre de la jungle et Aladin…Ce sont deux spectacles qui me tiennent particulièrement à cœur. J’en ai écrit le livret et la musique est de Bernard Poli, mon fidèle compère et mélodiste extraordinaire avec qui je travaille sur d’autres projets. Le livre de la jungle va se jouer du 7 octobre au 7 janvier au Théâtre de Paris. C’est une création originale, un parcours initiatique, loin de Disney. La mise en scène sera signée par Jeanne Deschaux. Nous savons déjà que ce sera un succès, la moitié des places a déjà été vendue. Parallèlement, nous allons créer en décembre à la salle 3000 de Lyon, nouvelle salle exceptionnelle de 3 000 places et 50 mètres d’ouverture de scène, Aladin dont tous les effets magiques seront réglés par Dani Lary. Ce sera une très grosse production. Là aussi ce sera une création complètement originale qui n’aura rien à voir avec la production de Disney. Le spectacle sera ensuite présenté à Paris fin 2007 au Palais des Congrès, c’est déjà signé.


Qu’en est-il de Saturday Night Fever, le musical qui a connu un grand succès à Londres et qu'il avait été question que vous produisiez en version française à Paris ?


C’est un doux rêve qui s’est estompé. Tous les contrats étaient pourtant prêts mais à la dernière minute les Anglais n’ont pas signé. Nous n’avons pas eu d’explication plausible. On nous a dit que c’était un changement de politique, mais nous, nous pensons plutôt à une tournée internationale de la production originale qui passerait par la France. C’est d’ailleurs un phénomène qui a tendance à se généraliser. Les grands groupes de production anglais, allemands, néerlandais, qui ont des débouchés importants, utilisent l’anglais comme langue internationale ; ils viennent à Paris avec leurs spectacles en langue anglaise. Ils achètent les licences de spectacle pour l’Europe entière. Ce qui veut dire que nous ne pouvons plus avoir accès à ces licences pour la France seule. S’il n’y a pas des gens comme moi qui essayent de bouger un peu les choses, on risque très vite de n’avoir plus que des productions étrangères en tournée.


Que comptez-vous faire ?

J’aimerais pouvoir occuper en permanence deux ou trois théâtres à Paris. Je suis en train de signer des accords avec un grand groupe pour monter une société qui va investir dans le spectacle vivant, la télévision et le cinéma. Je vais vers des gens qui vont me donner les moyens de mes ambitions. Nous devons avoir un contre-pouvoir à des sociétés comme Stage Entertainment par exemple, avec qui on peut travailler par ailleurs en très bonne intelligence. Nous proposerons des spectacles de qualité égale mais avec une création totalement française, on ne prendra pas des mises en scène formatées et imposées. Nos cerveaux fonctionnent aussi bien que les cerveaux anglais ou américains, nous n’avons aucun complexe.


Etes-vous confiant dans l’avenir du théâtre musical en France ?

Ce sera très difficile. On a l’impression de prêcher dans un désert. Le théâtre musical en France est considéré comme un sous-genre. Regardez les Molières par exemple. C’est une catastrophe et je ne dis pas ça parce que nous ne l’avons pas eu. Le Molière de la sous-catégorie fourre-tout dans laquelle était nommée Un Violon sur le toit n’a même pas été remis en direct le soir de la cérémonie ! C’est faire preuve d’un grand mépris pour le théâtre musical et pour ses artistes. Mais je suis optimiste de nature, on y arrivera à condition d’en avoir la volonté. Il faudrait aussi que les gens de ce métier changent un peu de mentalité et ne passent pas toujours leur temps à critiquer les autres, à voir tout en noir et surtout qu’ils aient le courage de prendre des risques et d’aller de l’avant. C’est ce que je fais. Aujourd’hui nous travaillons sur plusieurs autres projets. Tout d’abord le Bonnie and Clyde de Bernard Poli qui est en réécriture avec Stéphane Laporte et qui va être réorchestré par un des plus grands maîtres de la comédie musicale anglo-saxonne. Il va sans doute faire l’objet d’une grande co-production européenne, nous sommes en contact direct avec l’équipe de Cameron Mackintosh à Londres. Nous travaillons également, et ça c’est un événement, sur Marguerite, une comédie musicale écrite et composée par Claude-Michel Schönberg, Alain Boublil et Michel Legrand, qui sera présentée sur des scènes nationales ou dans des Opéras. C’est somptueux. Vous voyez, si je devais échouer dans mon entreprise, j’aurais au moins essayer de faire avancer les choses pour le théâtre musical.


Thierry Quinson
© REC 2006


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