"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

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CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

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Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

lundi, juin 15, 2009

ELECTIONS
PRESIDENTIELLES
ENIRAN
Source : lemonde.fr en ligne le 15 juin


Sur quoi se fondent

les accusations de fraude en Iran ?


Mahmoud Ahmadinejad a-t-il manipulé les résultats de l'élection présidentielle iranienne du 12 juin ? Y a-t-il eu fraude ? Assiste-t-on à un coup d'Etat électoral, une reprise en main d'un régime qui effectuerait, selon les mots de l'analyste Ahmad Salamatian, une "révolution culturelle à la chinoise" ?


Une enquête réalisée par des ONG américaines aurait pourtant prédit un fort soutien à Mahmoud Ahmadinejad. Trois semaines avant l'élection présidentielle du 12 juin, cette étude révélait que 34 % des Iraniens se disaient prêts à voter pour Mahmoud Ahmadinejad tandis que 14 % soutenaient la candidature de son rival, Mir Hossein Moussavi. Ce sondage effectué en farsi auprès de 1 001 Iraniens, par téléphone d'un pays voisin, montre également que 27 % des personnes interrogées n'avaient pas fait leur choix et que parmi ces indécis, 60 % se disaient favorables à des réformes politiques et un changement du système en vigueur dans la République islamique. Les Iraniens plaçaient les élections libres et la liberté de la presse comme leurs priorités.

Selon les résultats officiels publiés par le ministère de l'intérieur, M. Ahmadinejad a obtenu 62,63 % des voix contre 33,75 % à son principal rival, Mir Hussein Moussavi. Le conservateur Mohsen Rezaï et le réformateur Mehdi Karoubi obtiendraient respectivement 1,73 % et 0,85 % des suffrages. Selon ces chiffres, 85 % des 46 millions d'électeurs iraniens se sont rendus aux urnes. Par rapport à la précédente élection, en 2005, Ahmadinedjad fait un bond spectaculaire : lors du scrutin de vendredi, le sortant a réuni 25 millions d'électeurs sur son nom ; en 2005, ils étaient moins de 6 millions au premier tour et 17 millions au second.

Face à ce raz-de-marée, les premières accusations de fraude ont semblé secondaires. Samedi, M. Moussavi affirmait que ses partisans avaient "constaté dans certaines villes comme Chiraz, Ispahan et Téhéran, un manque de bulletins de vote. Nos représentants ont été écartés lors du dépouillement et certains de nos QG attaqués".


Une fraude à la marge, donc, déjà constatée lors de précédents scrutins. Sauf que, le temps passant, il semble que les irrégularités pourraient en fait avoir été massives, au point que le Guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, qui avait discrètement soutenu M. Ahmadinejad, a annoncé lundi qu'il ordonnait une enquête sur les allégations de fraude.

Les éléments avancés pour accréditer l'hypothèse d'une fraude massive ont été collectés par l'universitaire américain et bon observateur de l'Iran, Juan Cole :

Dans un pays où les solidarités ethniques l'emportent souvent sur les enjeux nationaux, M. Cole considère comme suspects les faibles résultats obtenus par Moussavi dans la province d'Azerbaijan, dont il est originaire, ou par Karoubi dans son fief de l'Ouest iranien. De même, la victoire d’Ahmadinejad à Téhéran lui paraît peu crédible dans une ville où les tendances progressistes sont fortes.
Concernant Mehdi Karoubi, son effondrement entre 2005 (17 %) et 2009 (0,85 %) pose lui aussi question.

Les scores d'Ahmadinejad dans le pays sont très homogènes. Lors des srutins passés, les résultats du président étaient bien plus disparates. L'élection serait en quelque sorte "trop belle pour être vraie". Une approche partagée par le site TehranBureau, qui regroupe des journalistes du monde entier. S'appuyant sur les chiffres officiels, le site relève que l'évolution des scores de Moussavi et Ahmadinejad est restée, tout le temps qu'a duré le décompte des voix, parfaitement linéaire.
Le blog de Georges Malbrunot rappelle quant à lui un point intéressant du système de vote iranien. Extrait : "Vous savez qu’en Iran, on vote en inscrivant le nom du candidat sur le bulletin, explique un homme d’affaires. Quand on est illettré au fin fond du pays – et il y en a quand même pas mal – un pasdaran dans le bureau de vote peut vous aider par exemple à bien voter."
A partir de ces éléments, Juan Cole reconstitue la "scène du crime" : la commission électorale, qui est censée attendre trois jours pour annoncer le résultat, aurait demandé à Moussavi de retarder l’annonce de sa victoire, avant de changer de discours et d’annoncer la victoire d’Ahmadinejad. Ce film de la soirée électorale est corroboré, sur le blog d'Abbas Djavadi, de Radio Free Europe, par le directeur de campagne du candidat d'opposition.

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