"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma  Ed Universlam


CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions
Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

dimanche, octobre 24, 2010

15èANNIVERSAIRE
DITZHAKRABINE
PARJUIFRELIGIEUX
EXTRÊMISTE
CHARLESENDERLIN*
SESOUVIENT
Source : lejdd.fr en ligne
le 24 oactobre



Le regard de Charles Enderlin

Journaliste, correspondant de France 2 à Jérusalem où il vit depuis 1968, Charles Enderlin est un observateur particulièrement informé des relations israélo-palestiniennes. Auteur de plusieurs livres et documentaires sur le processus de paix et l’intifada. Son dernier ouvrage, *"Un enfant est mort" (Don Quichotte), relate dix années de polémique après la diffusion de son reportage, le 30 septembre 2000, sur le décès par balles d’un garçon palestinien dans les bras de son père : accusé d’avoir relayé des images d’une désinformation palestinienne, Enderlin démonte point par point cette accusation.


Le souvenir de Rabin

Comme chaque année, fin octobre, lorsque Israël commémore l’assassinat d’Yitzhak Rabin, par un jeune extrémiste religieux, mes souvenirs reviennent, ineffaçables. Aussi, la sourde inquiétude que
je ressentais depuis des mois. A de nombreuses reprises, j’avais filmé des colons et des militants d’extrême droite me répétant: "Nous ferons échouer l’accord conclu par Rabin avec Arafat!"

J’ai gardé en mémoire les images des manifestations violentes présidées par les dirigeants de la droite et, le 6 octobre 1995, devant le domicile du Premier ministre à Jérusalem, celles d’un petit groupe d’illuminés récitant la Pulsa denura, la prière cabalistique, pour la mort de Rabin. Les policiers de garde n’étaient pas intervenus. Seul journaliste de télé présent, j’avais proposé la vidéo aux confrères des chaînes israéliennes. Tous m’ont répondu: "Laisse tomber! Ce sont des dingues!" Puis ce fut le grand rassemblement de soutien à Rabin le 4 novembre. Pour moi, tout s’est terminé par l’arrestation d’Yigal Amir, l’assassin, filmée par l’équipe de France 2, la dernière encore présente sur place.

Théorie du complot
Très vite, les théories du complot sont apparues, plus hallucinantes les unes que les autres. Rabin aurait été abattu par le Shin Beth, le service de sécurité intérieure… Aujourd’hui encore, vous avez beau leur répéter qu’Amir a été appréhendé le pistolet à la main, qu’il a été jugé et condamné, rien n’y fait. Les "conspirationnistes" sont plus que jamais persuadés de la justesse de leur cause. Aroutz 7, la radio des colons israéliens en Cisjordanie, a même lancé, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Rabin, un concours de… théories du complot!

Le scandale est venu du Parti travailliste où la députée Einat Wilf voudrait que soit retiré de la salle du groupe parlementaire le portrait du chef de gouvernement assassiné: "Il est temps, a-t-elle dit, de passer à autre chose, de ne plus pleurer, ce qui symbolise aujourd’hui un échec…" Pour l’heure, le portrait reste à sa place, mais pour combien de temps?


Cinéma à Jénine

Rencontre à Ramallah avec Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, pour une longue interview dans le cadre du documentaire télévisé prévu pour l’automne 2011. J’ai promis de n’en rien révéler d’ici là. Technocrate devenu homme d’Etat, Salam Fayyad a changé, en quelques années, les données du conflit
israélo-palestinien. Pour s’en rendre compte il suffit de se déplacer en Cisjordanie. A Naplouse, où les milices armées ont disparu, des agents de police palestiniens collent des PV aux automobilistes qui ne mettent pas de pièces dans les parcmètres. A Jénine, autrefois la ville du Jihad, un cinéma fait salle comble, au grand dam des islamistes locaux en perte de vitesse.

La rue palestinienne a intégré le message que Fayyad répète en toute occasion: "La violence contre Israël est une violence qui se retourne contre nous." Résultat, l’armée israélienne a réduit le nombre de barrages installés sur les routes de Cisjordanie. Il entend mettre en place les institutions du futur Etat palestinien d’ici à l’été 2011. "La Palestine, dit-il, n’émergera pas dans le vide mais sur la base des institutions de son gouvernement. Palestiniens et Israéliens commencent à voir l’Etat en création."


Le Ben Gourion palestinien

Shimon Pérès, le président israélien, a comparé la politique de Fayyad à celle de David Ben Gourion présidant à la création des infrastructures du futur Etat d’Israël bien avant son indépendance.
Ancien économiste au FMI, le Premier ministre palestinien rencontre régulièrement un collègue de cette organisation internationale: Stanley Fischer, actuellement gouverneur de la Banque centrale d’Israël. Ce dernier a lancé une pierre dans le jardin de Benyamin Netanyahou en déclarant qu’un accord de paix avec les Palestiniens devrait permettre de doubler la hausse du PNB israélien.

Face à l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations, l’OLP et son chef, le président Mahmoud Abbas, se préparent à demander l’intervention des Nations unies. La bataille est désormais politique et diplomatique. Mais cela, et le travail de Fayyad sur le terrain, intéresse bien peu les médias. Pourtant, une nouvelle histoire se met en place dans la région.


Les colons d’Eli

Avi Issacharoff, le journaliste qui couvre les affaires palestiniennes pour le quotidien Haaretz, raconte sur son blog la réception que lui ont faite les habitants de la colonie d’Eli, en plein centre de Cisjordanie.
"Des gens formidables, ces colons", écrit-il. Des officiers de carrière ou de réserve. Des volontaires œuvrant dans des organisations sociales en Israël. La crème de la crème, le sel de la terre. Ce ne sont pas eux qui incendient les oliveraies du village palestinien voisin.

Ils rêvent de peupler la terre d’Israël afin de réaliser la prophétie biblique du retour des exilés. Depuis l’endroit où ils sont installés la vue est imprenable. Le haut de toutes les collines avoisinantes est occupé par des colonies. Certaines construites entièrement ou partiellement sur des terres domaniales, donc contrôlées par la puissance souveraine, occupante. Mais aussi sur des terrains privés, ce qui est contraire à la loi internationale observée en principe par l’Etat d’Israël.

A Jérusalem, la Cour suprême examine des plaintes de propriétaires palestiniens. Mais là n’est pas le problème immédiat. Issacharoff constate que la multiplication des colonies rend impossible, voire infantile, le rêve palestinien d’un Etat viable. Pour que la paix soit possible, il faudrait que 100.000 colons partent. La police et surtout l’armée israélienne, où un nombre croissant d’officiers appartient au mouvement religieux nationaliste, pourront-elles accomplir une telle opération si ce jour devait arriver? Comme ce journaliste de Haaretz, je n’ai pas la réponse. Comme lui, je sais que l’avenir d’Israël passe nécessairement par une solution à deux Etats. Une Palestine indépendante aux côtés d’Israël. Il n’y a pas d’alternative. Ces colons sympathiques ne pourront pas rester à Eli.

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