"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

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CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

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Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

dimanche, octobre 24, 2010

LETTREOUVERTE
AUPREMIERMINISTRE
DISRAËL
Source : la newsletter

de la paix maintenant diffusé le 23 octobre




Monsieur Netanyahu,
vous n'êtes pas aux côtés de Rabin
sur la voie de la paix

par Carlos Strenger

Traduction Tal
pour La Paix Maintenant




Dans votre discours, lors des cérémonies commémorant l’assassinat d’Itz’hak Rabin, vous vous êtes associé à sa vision de paix. Avec tout le respect qui vous est dû, Monsieur le Premier ministre, c’est là un mensonge.

Rabin a pris des risques pour la paix. Il savait qu’il allait se faire de nombreux ennemis en signant un accord avec les Palestiniens et en renonçant au Grand Israël. Il ne jouait pas au plus fin, il avait annoncé ce qu’il voulait faire et il l’a fait. En réalité, il a pris tellement de risques qu’il l’a payé de sa vie.

Vous, Monsieur Netanyahu, soutenez une chose et en faites une autre. Nul ne sait ce que voulez vraiment et nombreux sont les commentateurs qui pensent que vous ne le savez pas vous-même. Certes, nous connaissons tous vos prétextes : en dépit de l’opportunité pour Israël, la meilleure qui soit, de parvenir à un accord définitif avec les Palestiniens, vous dites ne pouvoir avancer de peur de voir votre coalition gouvernementale se disloquer. Ce faisant, vous posez l’existence de cette coalition comme une loi de la nature, oubliant commodément que c’est vous qui l’avez délibérément créée (1).

Rabin a pris des risques. Vous n’avez pas même couru celui de former une coalition avec Tzippi Livni et Kadimah (2), de crainte que ce soutien ne vous fasse défaut si vous manquiez de sérieux dans le processus de paix. Ce n’est pas là s’associer à la vision de paix de Rabin.

Votre discours était parsemé d’autres mensonges.

Vous proclamez qu’Israël est en meilleure forme que jamais : “Nous sommes maintenant moins divisés.” “Nous entendons moins de vociférations, les gens sont plus à l’écoute les uns des autres, et les fossés sociaux se comblent.”

Je me demande si vous croyez vraiment à ce que vous dites. La haine entre religieux et laïques, gauche et droite, Juifs et Arabes n’a jamais tant divisé Israël qu’aujourd’hui. Bien sûr, on entend s’élever moins de cris. Le camp de la paix n’a guère tendance à hurler ; pas plus qu’il n’appelle à l’action violente. Mais ne confondez pas l’absence de manifestations de haine véhémentes, comme celles auxquelles vous vous joigniez contre Rabin, avec l’harmonie et l’unité politiques.

Rabin a également beaucoup fait pour combler les fossés sociaux. Mais que voulez-vous dire lorsque vous soutenez que “les fossés sociaux se comblent” ? Entendez-vous par là que le pouvoir économique a atteint en Israël un degré de concentration sans aucune comparaison dans le monde libre ? Ou que les différences de revenus entre riches et pauvres ont atteint des sommets jamais connus ?

Vous avez aussi affirmé que “durant ces quinze dernières années l’islam fondamentaliste s’est renforcé. Il a gagné les élections à Gaza, conquis le Sud Liban et menacé les États-Unis.“ L’islam radical est sans aucun doute un facteur sérieux, non seulement au Moyen-Orient mais sur la scène politique internationale. Mais pourriez-vous nous expliquer ce qu’il a à voir avec votre obstination à reprendre la construction dans les implantations ? De quelle façon au juste les colonies nous protègent-elles des roquettes du Hezbollah ?

En mettant l’accent sur la peur, vous glissez opportunément sur tous les faits qui pourraient nous donner matière à optimisme. C’est pourquoi vous avez omis de mentionner que Salam Fayyad (3) a constitué en Cisjordanie des forces de sécurité auxquelles tant l’armée israélienne que la population palestinienne font confiance.

Il y a évidemment une explication à cela : Monsieur Netanyahu, vous avez construit votre carrière sur les dividendes de la peur et de la haine. Lors de votre première candidature au poste de Premier ministre, vous vous êtes acharné à attiser la haine de ce que vous appeliez “les élites” – et cela incluait quiconque n’était pas d’accord avec vous. Dans le cadre de votre présent mandat, vous n’alimentez plus la haine des élites : vous vous contentez de laisser vos partenaires au sein de la coalition gouvernementale disqualifier tous ceux qui ne sont pas de droite en les taxant de déloyauté envers l’État d’Israël.

Et, par-dessus tout, vous fondez maintenant votre carrière sur une haine aveugle à l’encontre des citoyens arabes d’Israël. Certes, vous n’êtes jamais à l’initiative d’une législation anti-arabe ; vous adoptez simplement chacune des propositions d’Avigdor Liebermann (4) et Eli Yishaï (5), y compris leur idée phénoménalement dommageable de serment de fidélité (6). Depuis votre arrivée au pouvoir, il ne s’est pratiquement pas passé de semaine sans qu’une loi allant contre les libertés ne soit proposée, et je ne me souviens pas que vous vous soyez opposé à l’une quelconque d’entre elles. Vous portez la responsabilité des dégâts subis par la démocratie israélienne.

Monsieur Netanyahu, je pense que vous croyez vraiment en la démocratie libérale. Mais du fait que vous êtes incapable de prendre des risques, vous restez lié à vos partenaires “naturels”, et dirigez une coalition qui entraîne Israël vers une ethnocratie anti-libérale (7).

Alors, je vous en prie, ne vous prétendez pas l’associé de Rabin aussi longtemps que vous vous refuserez à prendre le moindre risque politique au nom de la paix et d’une démocratie véritable.




Notes
(1) La coalition hétéroclite formée en 2009 par Benjamin Netanyahu autour d’un Likoud nationaliste et champion du libéralisme économique réunit à sa droite des partis ultra-nationalistes, populistes et pour certains ethno-centrés ; à sa gauche, les travaillistes, représentés au gouvernement par Ehud Barak. [NdlT]

(2) Parti formé par Ariel Sharon en 2005 (le 24 novembre, soit un peu plus d’un mois avant l’accident cérébral qui mit fin à son mandat), Kadimah se classe au centre et rassemble les “colombes” du Likoud – dont Ehud Olmert et Tzippi Livni, alors ministres de la Justice pour l’un, de la Sécurité intérieure pour l’autre – et certains travaillistes, comme Shimon Pérès, pas encore président de l’État. Tzippi Livni en prend la direction en septembre 2008, et gagne à sa tête les élections de mars 2009 sans disposer cependant d’une majorité suffisante pour imposer ses choix, notamment en matière de compromis de paix. Elle représente depuis la seule véritable force d’opposition au gouvernement de Benjamin Netanyahu – mais aussi un éventuel recours pour faire adopter des accords de paix, si la coalition au pouvoir les rejetait ou se brisait. [Idem]

(3) Économiste et homme d’affaires réputé pour sa probité et sa connaissance des milieux financiers internationaux, chercheur à l’université du Texas, Salam Fayyad a travaillé à la Banque mondiale avant de représenter le FMI en Cisjordanie. Ministre des Finances de l’Autorité palestinienne à deux reprises, cet homme politique indépendant en a été le Premier ministre de juin 2007 à mars 2009. [Idem]

(4) Né à Kichinev à l’époque soviétique et immigré en 1978 en Israël, Avigdor Liebermann a quitté le Likoud pour fonder sur sa droite un parti ultra-nationaliste et résolument laïque voué à représenter les immigrants d’origine russe, et plus largement de l’ex-bloc de l’Est : Israël Beïteynou (“Israël notre Maison”). Il est aujourd’hui vice-Premier ministre et ministre des Affaires Étrangères du gouvernement Netanyahu. [Idem]

(5) Né à Jérusalem, Eli Yishaï a pris en 2000 la tête du parti ultra-religieux séfarade Shass fondé par le charismatique rabbin Ovadia Yossef. S’il défend une politique sociale (avec la création d’un régime obligatoire de retraites complémentaires), il est aussi celui qui fut exempté de signer la clause soutenant le retrait de Cisjordanie pour entrer dans le gouvernement d’Ehud Olmert en 2006. Il est aujourdd’hui vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur du gouvernement Netanyahu. [Idem]

(6) Serment de fidélité réservé aux citoyens arabes de l’État d’Israël, comme à ceux qui voudraient en acquérir la citoyenneté, les stigmatisant ainsi d’emblée et les plaçant en porte-à-faux identitaire. Émanant des chefs de deux partis aux options radicalement opposées, le Shass ultra-religieux et l’ultra-laïque Israël Beïteynou, cette proposition les unit autour d’une commune détestation des valeurs libérales – selon l’analyse qu’en livre C. Strenger dans une autre de ses chroniques, en voie de traduction. [Idem]

(7) Libéral est là pris au sens des libertés démocratiques, non dans l’acception de libre concurrence, voire de laissez faire économique, fréquente en France. [Idem]

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