"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

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CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

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Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

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de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

mercredi, novembre 11, 2009

LEMAROCETLESJUIFS
DESLIENS
INDISSOLUBLES

Source : bladi.ma en ligne le 11 novembre


"Sépharade" d'Eliette Abécassis,
une invite à la découverte de l'histoire
des Juifs marocains
.

Soumis par toma le Mer, 2009-11-11 17:43.

A mi-chemin entre fiction et réalité, le dernier roman "Sépharade" d'Eliette Abécassis, paru à Paris aux éditions Albin Michel, est une invite à la découverte de l'histoire des Juifs marocains et de leur "attachement indéfectible" au Royaume.

"C'est un vrai roman mêlant histoire d'amour et saga familiale, avec sa part de mystères, mais c'est aussi un document qui permet de parcourir des siècles de l'histoire Sépharade et des Juifs marocains à travers leur musique, leur cuisine, leurs rituels et traditions, leur religion, leur relation avec les autres communautés, en particulier musulmane", confie à la MAP cette romancière d'origine juive marocaine, née en France.

Abécassis, dont l'ouvrage a marqué la rentrée littéraire cet automne en France, a opté pour "l'univers romanesque, très intéressant pour revisiter cette épopée: c'est une façon de raconter la "Grande histoire" à travers une petite histoire avec sélection" qui court sur 450 pages.

L'auteur de "La Répudiée", roman qui s'inspire d'un scénario qu'elle avait écrit pour le film à succès +Kadosh+, ne prétend pas être historienne même si elle dit avoir fait énormément de recherches, dix ans durant (c'est le temps qu'il lui a fallu pour écrire ce roman), sur les Sépharades en suivant leur geste dans différents pays, notamment le Maroc.


Coexistence pacifique

"Les Juifs sont extrêmement attachés au Royaume et même s'ils sont partis massivement vers la fin des années 50, ils sont toujours restés marocains", relève Abécassis.

Son roman revient justement sur la relation "très étroite" entre Juifs et Musulmanes au Maroc où "ils ont pu coexister de manière globalement bien plus pacifique qu'ailleurs".

"Le Maroc est un pays d'ouverture et d'hospitalité où les communautés ont trouvé une façon de vivre ensemble, ce qui est unique au Monde", dit-elle.

Abécassis explique qu'elle n'a pas voulu faire de "l'histoire pure" car le résultat aurait été "trop rationnel et froid" par rapport à la réalité des Sépharades dont la vie est pleine de "chaleur, de passion, d'émotion, de sensations, de saveur".

Dès lors le choix de ce genre littéraire qu'est le roman s'imposait à Abécassis pour dresser "un portrait humain" des Sépharades à travers le personnage d'une femme, son histoire d'amour, sa relation avec sa famille et ses amis.

Le roman raconte l'histoire d'Esther Vital, jeune juive marocaine née à Strasbourg, qui décide de se marier contre la volonté de ses parents avec un jeune Français, aussi d'origine juive marocaine.

Les Vital n'apprécient pas que leur future gendre, Charles Tolédano, soit trop libéré et peu respectif à l'égard de la religion et des traditions qu'ils tiennent fortement à préserver.


Henné et mauvais œil

Mais ce que ses beaux parents lui reprochent surtout c'est le fait d'appartenir à une famille de Meknès qui n'est pas assez "prestigieuse" que la leur, la mère étant d'Essaouira et le père de Fès.

La nuit du mariage, Esther découvre que les deux familles étaient pourtant très liées par le passé. Sa grand-mère, Sol, devait même se marier avec le grand-père de son fiancé. Mais à cause d'un "mauvais sort" (chrour) que lui aurait jeté sa rivale Yacot (grand-mère de Charles) à la veille de son mariage, cette alliance n'a pas pu se concrétiser.

Sol craignait que la même histoire ne se reproduise avec sa petite fille et la présence de Yacot à la cérémonie de Henné précédant le jour du mariage d'Esther, ne présageait rien de bon.

La mère d'Esther (Susanne) voyait, elle aussi, d'un mauvais œil le fait que sa fille ait choisi pour l'occasion la robe pourpre des promises Sépharades, appartenant à sa grand-mère et qu'elle devait elle-même porter lors d'un premier mariage qui n'a pas eu lieu.

En tant que femme moderne, qui veut se libérer du poids des traditions et de la protection "étouffante" de sa famille, Esther ne voulait pas croire aux actes de sorcellerie. Mais avec tout ce qui se passait ce jour là, elle ne pouvait qu'envisager cette possibilité.

Comme le veut la tradition, le père d'Esther était sur le point de remettre à son futur gendre le secret des Sépharades (une amulette qui se transmet de génération en génération) quand survient une coupure d'électricité. Quand la lumière revient, l'objet ancestral avait disparu. Toutes les personnes présentes veulent être fouillées, sauf le fiancé qui sera du coup accusé du vol de l'amulette.

La narratrice profite de cet intervalle pour raconter l'histoire de chaque premier rôle de son roman en s'appuyant sur une solide documentation: parents ou grands-parents, amis de la famille, ex-petits copains. Chaque personnage est l'incarnation d'un (stéréo) type de juif.

A travers cette quête des origines, Eliette Abécassis explore avec émotion et érudition l'histoire des Juifs marocains. Cinq siècles d'histoires défilent depuis l'Inquisition et l'expulsion de l'Andalousie par Isabelle la Catholique jusqu'à l'époque contemporaine, leurs rivalités, leurs cultures et leurs croyances.

"C'est une fiction certes mais il y a aussi une part autobiographique, parce que cette jeune femme (Esther) a beaucoup de choses en commun avec moi", explique l'auteur.

"Comme elle, je suis Française, née à Strasbourg et mes parents sont du Maroc. Il y a beaucoup de choses de moi en elle et d'elle en moi", précise la romancière dont le père n'est autre que le philosophe Armand Abécassis, un historien renommé de la pensée juive. Ayant grandi à Casablanca, il vient de revisiter son enfance et son adolescence marocaine dans son livre "Rue des Synagogues".

Au-delà du côté autobiographique du roman "Sépharade", Eliette a voulu "bâtir un vrai personnage qui soit exemplaire des femmes d'aujourd'hui, dans toutes les questions qu'elles se posent, au sujet de l'amour, de la famille, de la féminité, de l'identité, ...".


Transmission
de la culture Sépharade

Cette agrégée de philosophie passée à temps plein à l'écriture (une dizaine de romans et trois livres pour enfants), veut justement "être à l'intérieur de le chaîne de transmission de la culture Sépharade", mais il faut "savoir transmettre sans étouffer".

Si Abécassis a choisi l'écriture comme moyen de transmission, d'autres ont choisi d'exprimer leur attachement à leur culture juive marocaine sur d'autres registres: peinture, musique, cinéma.

Le choix d'un humoriste pour être le fiancé d'Esther dans le roman n'a, d'ailleurs, pas été fortuit. L'auteur faisait référence à la nouvelle génération d'artistes juifs d'origine marocaine évoluant en France (Gad El Maleh, Arthur etc.) qui, "hantés par leur culture, utilisent l'humour pour parler de leurs familles et de leurs traditions".

Par son roman, Eliette Abécassis grave par l'écriture cet attachement au Maroc et à sa culture et ravive sa propre part marocaine.

Par Amal Tazi pour MAP

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