"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

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CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

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Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

lundi, novembre 16, 2009

UNFALLASHA
ALAKNESSET
Source : le site Terre d'Israël via

le Jerusalem en ligne le 16 novembre


Shlomo Molla une colombe
à la peau d’or


Par Nathalie Bittoun


Le regard obamesque, Shlomo Molla commence presque tous ses discours par la même anecdote, chargée d’histoire : « J’ai marché 800 kilomètres de l’Ethiopie jusqu’au Soudan. Avec d’autres. Puis, épuisés et affamés, nous avons rencontré à Khartoum des combattants d’une unité d’élite israélienne venus nous chercher et nous transporter au pays. Bien sûr, à cette époque, je n’imaginais pas une seule seconde que je serai un jour député de l’Etat d’Israël ! » Molla parle ici de son histoire personnelle, et de celle de 8 000 autres personnes. Et raconte un épisode qui a agité le monde : celui où plusieurs pays se sont unis pour sauver les Juifs d’Ethiopie.

« Opération Moïse », du nom du sauveur biblique. Novembre 1984. Une opération est organisée entre Tsahal, la CIA, l’ambassade des Etats-Unis à Khartoum, des mercenaires et des forces militaires de l’Etat du Soudan afin de transférer, clandestinement, des Juifs d’Ethiopie vers l’Etat d’Israël. La famine fait rage. La fatigue et l’épuisement aussi. Ces milliers de Béta Israël ont fui l’Ethiopie à pied pour rejoindre les camps de réfugiés du Soudan. Dans cet exode, 4 000 personnes vont périr. Dans cette fuite, stoppés par les pays arabes alertés, 1 000 Juifs Falashas seront ainsi bloqués et les familles déchirées.
Shlomo Molla naît en 1965. Date symbolique s’il en est pour les membres de sa communauté puisque c’est à ce moment précis que se met en place une mini émigration de Falashas vers la Terre promise.

Elle est surtout le fait d’une poignée d’universitaires qui se rendent en Israël avec un visa de tourisme (officiellement pour des pèlerinages chrétiens en Terre sainte), pour y rester, ensuite, illégalement. Défendant la cause de leur communauté restée au Soudan ou en Ethiopie, ils trouvent sur place des sympathisants et régularisent leur situation. En 1973, le grand rabbin sépharade Ovadia Yossef statue sur leur situation et, en reprenant la thèse selon laquelle les Béta Israël descendraient de la tribu perdue de Dan, reconnaît leur judéité. En avril 1975, le gouvernement d’Itzhak Rabbin accepte officiellement le caractère juif des Béta Israël et leur accorde le bénéfice de la Loi du retour (qui permet à toute personne dont – au moins – un grand-parent est juif d’immigrer en Israël).
Aujourd’hui, l’on compte environ 110 000 Juifs d’origine éthiopienne en Israël. L’éclatement des familles après l’exode et le traumatisme du choc culturel rendent l’adaptation et l’intégration difficiles. Dans les années 1980, on observait un taux de suicide plus élevé chez les Juifs issus de cette communauté.

Si aujourd’hui, la situation a changé, force est de constater que les Ethiopiens ne jouissent toujours pas d’une position idéale. Leur niveau de formation et d’alphabétisation est très bas et pousse parfois à une délinquance mal gérée dans ces communautés en butte au racisme. Selon un sondage publié par le Jerusalem Post en 2005, 43 % des Israéliens se déclaraient hostiles à toute union entre eux-mêmes ou leurs enfants et un membre des Béta Israël. La culture traditionnelle des Falashas, fondée sur l’isolement du milieu chrétien, la vie villageoise, la famille élargie et des traditions religieuses spécifiques semble survivre difficilement à la vie moderne et urbaine d’Israël.

L’intégration progresse lentement donc, même si elle reste difficile. Preuve en est : depuis 1996, l’accès d’Israéliens d’origine éthiopienne au poste de député n’est plus incongru. Adisou Mesele a ouvert la voie sous l’étiquette du parti travailliste. Shlomo Molla est donc le deuxième député éthiopien à la Knesset. Titulaire d’un diplôme en Droit du collège universitaire de Kyriat Ono, Mollail sera, tout au long de sa carrière, très engagé dans l’association des étudiants Juifs éthiopiens. Successivement responsable d’un Merkaz Klita à Tibériade, directeur des centres d’intégration et des oulpans dans les kibboutzim situés au nord du pays, Shlomo Molla sera parallèlement très influent sur la scène politique. En 1996, il devient membre du comité ministériel pour la santé, et planche sur les conditions de guerre. En 1999, il prend la tête de la division éthiopienne de l’Agence juive.
« Un ghetto comme Harlem »

Très actif au sein de l’Organisation sioniste mondiale, Shlomo Molla n’a de cesse de répéter son projet politique : « Je veux m’occuper de la communauté éthiopienne, négligée au niveau gouvernemental. La connaissant de l’intérieur, je suis le mieux placé pour cela. Je vais tout d’abord m’efforcer de faire augmenter le budget qui lui est alloué pour permettre en particulier aux jeunes couples nécessiteux de louer des appartements ‘normaux’ et de sortir du ‘ghetto éthiopien’ où ils sont souvent confinés. » « Un ghetto comme Harlem », insiste-t-il. « Ceci, ajouté à un système éducatif qui isole parfois les élèves éthiopiens des autres enfants et leur interdit ainsi une véritable intégration au sein de la société israélienne. Je sais que nous pouvons être israéliens à part entière, utiles et productifs sur le plan national. » Et Molla d’ajouter : « Ce qui est merveilleux dans notre pays démocratique, c’est que celui qui veut changer quelque chose peut se battre pour cela… et cela marche ! »
Cette « colombe » convoitée lors des dernières élections, tant par Kadima que par Israël Beiteinou, a finalement rejoint les rangs du parti centriste en se remémorant une discussion avec Ariel Sharon : « Je savais que je voulais entrer en politique pour pouvoir changer les choses de l’intérieur », avait-il alors déclaré. « Il n’est pas suffisant de sauver les gens de leur pays d’origine de façon quasi cinématographique, encore faut-il se préoccuper de leur intégration et de leur avenir. »

En soutenant le processus d’Annapolis, Molla se positionne clairement à gauche et marque sa volonté de « donner de l’espoir aux deux peuples ». Un positionnement politique qui ne manque pas de faire des envieux, à en croire les récentes allégations contre le député éthiopien. En effet, ces dernières semaines, le numéro 33 de la liste de Kadima était sous les feux de l’actualité : un de ses proches lui avait reproché d’avoir utilisé des dons d’organisations juives américaines et de particuliers pour ses dépenses personnelles. Des accusations que le député a récusées avec vigueur. « Je suis venu dans ce pays sans rien et j’ai travaillé dur pour me faire une place. J’ai bataillé pour en arriver là où je suis et je connais l’importance de ces dons. » En outre, il a été accusé d’avoir falsifié ses diplômes. « Erreur technique sur le site de la Knesset. J’ai demandé que ce soit réparé dès que j’en ai eu connaissance. »

Des accusations, selon Molla, qui ne sont que pure invention. « Il est clair que certaines personnes essaient de me détruire. Je suis le seul membre éthiopien de la Knesset. Je suis un homme honnête et un homme politique sérieux. J’ai un bon salaire… Certains ont peur de cela et veulent détruire ma vie. »

L’histoire de Shlomo Molla pourrait se résumer par les termes du réalisateur Radu Mihaileanu pour son célèbre film Vas, vis et deviens. En faisant du racisme anti-éthiopien son cheval de bataille, Molla pose une question essentielle à la société israélienne : « Vas, vis, deviens, oui… mais deviens quoi ? »

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