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Source : eMarakech.info en ligne
le 16 novembre
« Jaffa »
ou la tragédie shakespearienne
des temps modernes
Sarra Grira - eMarrakech (Paris) : L’histoire a de prime abord des allures de poncif. Elle est juive, il est arabe, tous deux israéliens, vivant à la ville portuaire de Jaffa. Le film n’a pourtant pas laissé indifférent à sa sortie, l’été dernier, si bien qu’il vient d’être projeté au Festival du film sépharade de Montréal.
Il faut dire que l’œuvre ne semble pas tant prétendre à peindre la situation de deux communautés ennemies que d’une famille israélienne déchirée. Une vie de famille à l’espace réduit, entre le hangar qui sert de gagne-pain et la maison familiale.
Sous son apparente stabilité, la famille Wolf mène un train-train quotidien, marqué par les tensions entre le fils « Meir » et ses parents, joués par Moni Moshonov (« Two Lovers ») et Ronit Elkabetz (« La Visite de la fanfare ») dans le rôle de l’épouse –bien plus que mère- « Ossi ». Le père, « Reuven », lui, dirige un garage de réparation de voitures, aidé de son fils « Meir », mécanicien, et sa fille « Mali », secrétaire. Mais l’entreprise ne tournerait pas sans l’apport de « Toufik » et de son père, deux arabes israéliens, le premier étant amoureux de la fille de son patron.
Les relations entre les deux jeunes gens « Toufik » et « Meir » sont pour le moins tendues. Ce dernier ne travaille guère mais se prend tout de même pour le patron en dictant sa loi, par jalousie mais peut-être aussi conscient de la nature de la relation entre sa sœur et « Toufik ». Les deux jeunes gens s’aiment en effet depuis leur tendre enfance. La tension atteint son paroxysme lors d’une bagarre violente au bout de laquelle Toufik porte un coup fatal à Meir. Le jeune arabe, interprété par Mahmoud Shalaby, écope alors d’une peine de prison pour homicide involontaire. Sous le choc de la nouvelle, la jeune Mali (Dana Ivgy) doit aussi faire face à une autre réalité : elle est enceinte. Incapable d’avorter, elle ment à ses parents sur l’identité du père.
Sa vie se fera alors dans les foyers d’accueil pour mères célibataires. Mais alors que la famille et la jeune mère tentent tant bien que mal de panser leurs blessures en reprenant une vie normale, la sortie de prison de Toufik vient à nouveau tout chambouler. Le jeune homme bénéficie d’une remise de peine au bout de 9 ans. Mali se retrouve alors face à son amour de jeunesse qu’elle a vainement essayé d’oublier et la famille Wolf est plus que jamais face à ses démons.
Keren Yedaya n’en est pas là à son premier succès. La réalisatrice a en effet déjà connu un grand succès avec son premier film « Or, mon trésor ». Avec « Jaffa », elle confirme ses penchants vers l’analyse du côté obscure qui sévit en chacun de nous. Mais le film n’échappe tout de même pas aux yeux de certains critiques à une lecture politique, aussi superficielle soit-elle. Les films israéliens mettant en scène juifs et arabes semblent en effet connaître un certain succès. On signalera d’ailleurs à ce propos la sortie prochaine du film « D’une seule voix », signé par le réalisateur français Xavier de Lauzanne, où des musiciens israéliens et palestiniens se réunissent, malgré les tensions, le temps d’une tournée française. Un appel à la tolérance et au vivre ensemble ? Il faut dire qu’il est souvent question dans ces films d’une vision un peu idéaliste et fleur bleue, où l’art, la musique ou le cinéma réunirait ces deux peuples ennemis. D’aucuns y voient au contraire l’intention de la part des israéliens –ou de leurs alliés- de diluer le conflit et de détourner le regard de ce qui se passe sur le terrain dans les périodes de haute tension. Un terrain brûlant où le spectateur peine à conserver son objectivité. Il n’en demeure pas moins que le cinéma israélien, politisé ou pas, s’affirme de plus en plus sur la scène mondiale. Une évolution à suivre.
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