ELECTIONS
LEGISLATIVES
ENISRAËL
Source : liberatiuon.fr en ligne le 10 février
Le vote israélien sous le signe de la sécurité
Analyse
Un climat de peur a dominé la campagne et devrait favoriser l’extrême droite dans le scrutin d’aujourd’hui.
TEL-AVIV, JÉRUSALEM (ISRAËL),
envoyées spéciales
ANNETTE LÉVY-WILLARD
et DELPHINE MATTHIEUSSENT
«La plus stupide et vide campagne qu’on n’a jamais eue… On se retrouve avec ce spectacle décevant, soporifique, avec trois candidats de seconde zone sans un iota de différence entre eux», écrit l’éditorialiste Gideon Levy dans Haaretz. Soporifique ? Plus que cela, anesthésiante. Surtout ne parler de rien. Pas de plan de paix, pas des colonies en Cisjordanie, pas d’Etat palestinien, pas de négociations avec la Syrie, pas du chômage en hausse, du quart de la population sous le seuil de pauvreté, pas de la récession… Et surtout pas du bilan militaire, politique, diplomatique ou moral des trois semaines de guerre à Gaza.
«Homme fort».
Les candidats en tête dans ces élections anticipées - pour cause de corruption du Premier ministre actuel, Ehud Olmert, obligé de démissionner - jouent à qui sera «l’homme fort» capable d’assurer la sécurité d’Israël. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, évidemment, part avec un handicap pour être cet «homme fort», face à l’ex-Premier ministre «Bibi» Nétanyahou - qui ponctue chacune de ses phrases du mot «force» - et Ehud Barak, le ministre de la Défense, qui revêt son uniforme d’ancien général et annonce qu’il «mènera le pays comme il a mené la guerre»…
La sécurité a donc été le seul thème agité dans cette campagne. Pour faire peur. Ainsi, Nétanyahou a fait un show du haut d’une colline surplombant l’aéroport Ben Gourion, à la limite de l’éventuel futur Etat palestinien, et s’est écrié : «Ces élections ne sont que sur une seule chose : cet endroit restera-t-il à nous ? Ou va-t-on le donner au Hamas et à l’Iran ?» La droite rappelle en boucle qu’Israël a rendu Gaza aux Palestiniens et que cela n’a pas mis fin au conflit.
Tzipi Livni, la candidate de Kadima (centre), elle, essaie de se vendre comme «femme en politique» aux jeunes et aux femmes - elle a fait le tour des boîtes de nuit de Tel Aviv - en prenant soin de ne pas aborder les questions de frontières ou de paix. Ehud Barak, dont le parti travailliste va probablement essuyer un échec historique, essaie, lui, de garder son poste de ministre de la Défense quel que soit le Premier ministre. Il a même déclaré que le leader d’extrême droite Avidgor Lieberman n’était pas «sa tasse de thé» mais qu’il ne voit pas d’inconvénient à siéger dans le même gouvernement. Ce qui a fait frémir la vieille gauche de son parti.
Dans ce climat de paranoïa collective avec pour leitmotiv «c’est l’existence même d’Israël qui est menacée», il n’est pas surprenant que Lieberman et son parti, Israël Beiteinou, montent en flèche. Quand Lieberman affirme qu’il dit «tout haut ce que les autres pensent tout bas», il n’a pas tort. Israël, selon lui, est entouré d’ennemis qui ne comprennent que la force. Du Hezbollah au nord au Hamas au sud en passant - et c’est la nouveauté - par les citoyens israéliens qui ne sont pas juifs : les 1,4 million d’Arabes qui vivent en Israël. Lieberman propose de «transférer» 200 000 ou 300 000 de ces Arabes israéliens vers la Cisjordanie pour garder en échange les colonies juives. Et ceux qui restent devront prêter serment de «loyauté» envers le pays.
Dans la fièvre militariste de l’opération à Gaza, ces discours racistes - qui risquent de provoquer une guerre civile - ont touché un public plus large que ses habituels supporteurs russes : Lieberman risque de doubler les travaillistes et d’arriver en troisième position. Il sera de, toute façon, le partenaire obligé qu’il faudra «acheter» pour former une coalition.
«Le Pen israélien».
De quoi décourager de se rendre aux urnes. Certains Arabes israéliens appellent au boycott, refusant de voter pour «une démocratie qui les rejette.» Ensuite, pour beaucoup d’électeurs - avec une forte proportion d’indécis à la veille du scrutin -, c’est le découragement : ils se retrouvent avec deux vieux politiciens, Nétanyahou et Barak, qui ont tous deux déjà été Premier ministre et ont échoué. Quant à Tzipi Livni, un article dévastateur du Haaretz a mis en cause ses capacités mentales à être Premier ministre. Enfin, aucun des trois candidats «respectables» n’a osé dénoncer Lieberman. Devant ce danger extrémiste, les démocrates appellent maintenant la population à aller voter pour faire échec au «Le Pen israélien».
Aux dernières nouvelles, «Bibi» et Tzipi sont à égalité, mais quelque soit celui ou celle qui arrive en tête ce soir, et le gouvernement de coalition qui en sortira en offrant un important ministère à Lieberman, ce ne sera pas la paix qui aura gagné ces élections.
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