"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

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CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions
Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

jeudi, janvier 17, 2013

AQUELQUESJOURS
DESELECTIONSLEGISLATIVES
ENISRAËL
COUPDERETROVISEUR
SUR65ANSD'EXISTANCE
Source : lemonde.fr en ligne le jeudi 17 janvier 2013



Israël,
l''Etat inachevé



Par
Gilles Paris



Le 22 janvier, les Israéliens éliront les membres de la 19e Knesset de l'histoire de l'Etat juif. Un chiffre qui en dit long sur l'ancrage d'un Etat dont la population dépassera bientôt 8 millions d'habitants, et qui pourra prochainement tirer les bénéfices des importants gisements de gaz découverts au large des côtes israéliennes, en Méditerranée.

Cette conjonction illustre le chemin parcouru depuis la proclamation de l'Etat d'Israël par David Ben Gourion en mai 1948, en dépit des passions souvent excessives et aveugles que le pays suscite. Au fil des décennies, l'Etat juif, prévu par le plan de partage de l'ONU de 1947, mais dans une configuration bien différente, a mené des guerres contre des pays voisins hostiles sans cesser d'accueillir les populations juives du monde entier, par vagues successives (venues d'Europe, puis du Moyen-Orient, puis d'Afrique et, enfin, des anciens pays membres de l'Union soviétique).

Il a réussi à s'imposer tout en préservant les idéaux démocratiques importés d'Europe par les pères fondateurs au début du XXe siècle. Israël a aussi conservé, malgré la récurrence des conflits armés, les fondamentaux de l'Etat de droit : division des pouvoirs et pluralisme. Même si le système monocaméral allié à la proportionnelle favorise un émiettement politique souvent synonyme d'immobilisme...

Cette continuité dans l'opiniâtreté n'a pas empêché de profondes mutations. La réussite économique de la "start-up nation", du nom d'un ouvrage consacré aux prouesses israéliennes dans le domaine de la high-tech, n'est pas sans revers. Le nationalisme mâtiné de collectivisme des origines s'est converti à l'économie de marché, au risque d'engendrer des inégalités, qui ont précipité un mouvement social en 2011. Socle du sionisme originel, le rapport à la terre nourricière s'est aussi transformé pour laisser la place à une religiosité d'arpents bibliques aux accents messianiques pour une part importante des Israéliens, qui sont allés coloniser Gaza et la Cisjordanie à partir de 1967.

Non sans conséquences politiques. La droite a fini par triompher de la gauche fondatrice en 1977, pour ensuite alterner au pouvoir, avant de prendre (pour longtemps ?) l'ascendant du fait de l'usure du programme initial du mouvement sioniste. Dans le même temps, la minorité des autochtones arabes restés sur place au moment de la création de l'Etat est demeurée à la marge.

Parce qu'elle témoigne d'une réticence à s'engager dans des processus politiques risqués, cette conversion des Israéliens aux thèses des "révisionnistes" contrarie à double titre l'insertion du pays dans son environnement régional. Et ce, malgré l'accord de paix conclu par la droite avec l'Egypte en 1979. D'abord, parce qu'Israël n'est toujours pas parvenu à un tel accord avec ses deux voisins du Nord, le Liban et la Syrie ; ensuite, parce qu'il reste incapable de proposer le tracé d'une frontière avec la Cisjordanie, alors que le postulat de base des accords d'Oslo de septembre 1993 résidait dans la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël - soit la "solution à deux Etats".

Cette solution tarde à se traduire dans les faits, au risque de devoir être, un jour, remise en question avec son lot d'incertitudes. C'est en effet parce qu'ils ne jugeaient pas possible de préserver à la fois le caractère démocratique d'Israël et le maintien de la colonisation que deux figures de la droite, Ariel Sharon puis Ehoud Olmert, avaient défendu le principe d'un retrait, en dépit des précédents controversés, en Israël, de Gaza et du sud du Liban.

La vague des "printemps arabes" et leurs développements imprévisibles, de l'Egypte à la Syrie, a conforté la droite israélienne - qui devrait se succéder à elle-même à l'issue des législatives - dans ses réflexes obsidionaux, traduits par la construction de "clôtures" le long du Sinaï égyptien et sur le plateau syrien du Golan, qui s'ajoutent à celle érigée en territoire palestinien.

Mais c'est un ennemi plus lointain, le régime iranien, et la menace que constitue un programme nucléaire dont la dimension militaire ne fait pas l'ombre d'un doute en Israël, qui devrait concentrer en 2013 l'énergie des dirigeants du pays.




Israël, l''Etat inachevé,
104 pages ,
6,90 euros.



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