"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma  Ed Universlam


CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions
Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

dimanche, février 20, 2011

REVOLTES
DESPEUPLESARABES


ANALYSE
DE...


PHILIPPE MEYER
DIRECTEUR
DE PUBLICATION
"INFORMATIONS JUIVES"



Comment cela a-t-il pu arriver ?


Beaucoup a été dit et écrit sur les incertitudes, les risques et cet étrange mélange d’espoirs et de craintes nés de ce « printemps arabe ». Beaucoup de questions, et peu de réponses. Personne ne sait à ce jour où ce triomphe de la rue va mener la Tunisie, l’Egypte, et tous les autres prétendants à cette supposée révolution des peuples. Des régimes militaires vont-ils à nouveau émerger ? Des régimes islamiques vont-ils finalement prendre le pouvoir ? Ou de vraies démocraties peuvent-elles voir le jour ? Ou alors des anarchies généralisées ? Chacun pourra spéculer et disserter, mais à ce stade de l’histoire, nous n’en sommes qu’à devoir faire des paris. Rien de plus. Le flou est trop épais, l’instabilité est trop forte, et le processus n’est pas achevé. Prudence et patience.

Il semble ainsi préférable dans un premier temps de s’interroger pour savoir ce qui s’est réellement passé plutôt que de ce qui va se passer. Ou plus précisément, comment tout cela a-t-il pu arriver ?

Comment a-t-il été possible que des régimes militaires parmi les plus durs au monde, et en tout cas le régime le plus musclé du Moyen-Orient qui disposait d’une armée ayant bénéficié depuis des décennies d’une aide américaine massive, se soient effondrés comme des châteaux de cartes face à des civils désarmés et sans livrer bataille?

Il y a d’abord ce désespoir des populations, et en particulier des jeunes, abandonnés par des régimes aveugles à une situation économique et sociale désastreuse et sans avenir. La misère et la faim ne peuvent être contenues et cachées éternellement dans un monde où internet et les réseaux sociaux font instantanément diffuser l’information, permettent de se sentir moins seuls et de s’organiser à l’abri de la terreur. L’Egypte a une Produit Intérieur Brut par habitant de 5500 dollars avec 55% de sa population qui a moins de 25 ans. Une poudrière, qui a finalement explosé.

Il y a ensuite ces autocraties policières, sclérosées et corrompues, en place depuis plusieurs décennies sans réelles oppositions, sans réelles élections et sans réelles libertés. Vingt ans de règne et d’oppressions pour celui-ci, trente ans ou quarante ans pour celui-là. Le moyen-âge est révolu.

Il y a enfin le rôle capital joué par les Etats-Unis et leur Président Barack Obama que l’on pourra désormais dénommer sans mal Mou-Barack. Comme Carter l’avait fait avant lui en 1979 en lâchant le Shah d’Iran, avec les conséquences que l’on sait, Obama a lâché Ben Ali et Moubarak, des alliés stratégiques et historiques des Etats-Unis, sans le moindre scrupule et dans un esprit d’irresponsabilité totale. Alors qu’il n’avait pas réagi aux premiers soulèvements en Iran il y a quelques mois, il n’a pas hésité à appeler tous les jours au départ de celui qui était pourtant un pilier incontournable de la politique américaine au Proche-Orient. Sans cet acharnement et fort de l’influence américaine sur l’armée égyptienne, les choses ne se seraient évidemment pas dérouler de cette manière. Du lâchage au lynchage il n’y a eu qu’un pas, qui a été franchi par des foules revigorées par un soutien américain inédit. Il sera encore largement temps de revenir plus tard sur les raisons de cet abandon aux conséquences encore incalculables, mais l’histoire jugera. Si Obama a pu sacrifier un tel allié aujourd’hui, à qui le tour demain ? Sans compter que cette forfaiture de la Maison Blanche s’est faite dans un silence complice et donc coupable de bon nombre de capitales occidentales qui n’avaient pourtant jusque là pas de mots assez forts pour encenser leurs « amis », souvent intimes, désormais déchus. L’Europe veut peser dans la Région ? Par naïveté ou par lâcheté, elle vient de rater une occasion de plus de prouver qu’elle en est capable. Le suivisme n’est pas une politique. Le reniement non plus.

Quelles leçons tirer de ce cocktail explosif fait de misère économique, de dictature politique et de lâchage américain, et qui a effectivement mis le feu aux poudres ? Et bien qu’Israël peut et doit être fier de son dynamisme économique et de sa démocratie, et qu’il doit dans le même temps conserver une vigilance absolue face aux exigences d’un allié américain devenu aussi imprévisible et donc dangereux. Face à cette instabilité sans précédent dans le monde arabe, les Etats-Unis devraient s’appuyer et appuyer la seule démocratie de la région pour construire l’avenir. Au moment où les régimes voisins vacillent sans savoir encore vers quoi, où l’Iran multiplie les provocations avec des menaces qui se précisent, où les palestiniens semblent également entrer en zone de turbulence à l’approche d’élections à hauts risques, et où le Hamas et le Hezbollah veulent éviter le sort de la révolte populaire en se radicalisant face à cet Etat juif qu’ils veulent détruire, l’encerclement d’Israël se rapproche à vitesse élevée et l’attitude du « grand frère » américain sera capitale. Au vu des évènements récents en Egypte, comment être rassuré ?

Les liens forts, indispensables et nourris d’intérêts réciproques depuis plus de soixante ans entre Israël et les Etats-Unis sont et resteront une réalité indiscutable. Il n’en demeure pas moins que ce locataire de la Maison Blanche semble, à cet égard, bien différent de ses prédécesseurs immédiats. Plus qu’un choix, la fermeté des dirigeants israéliens en devient une nécessité. Israël doit d’abord compter sur soi-même et fait désormais face à des défis plus importants que jamais. C’est fort de son armée, de sa démocratie et du soutien des communautés juives dans le monde qu’il saura les relever.


Philippe Meyer
Directeur de la publication

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