VOYAGEDANS
LEHASSIDISME
AUXXèSIECLE
Source : www.lacroix.com en ligne le 16 avril
Le mouvement Habad veut allier
« l’émotion » à « la réflexion »
Selon l’esprit hassidique, chacun doit servir son Créateur dans tous les aspects de sa vie quotidienne, sans jamais se limiter à l’étude
C’est au XVIIIe siècle, en Ukraine, alors que pogroms et persécutions – mais aussi « faux messies » – ont considérablement affaibli les communautés juives, que le rabbi Israël ben Eliezer, plus connu sous le nom de Baal Chem Tov (« maître du bon nom »), définit son programme : donner accès à chacun à la « sagesse profonde » du judaïsme. Alors qu’à cette époque, au sein des communautés juives d’Europe centrale, érudits et ignorants vivent dans deux mondes séparés, le Baal Chem Tov fait le choix de s’adresser aux uns et surtout aux autres.Selon le hassidisme (hassid signifie pieux), chacun doit servir son Créateur dans tous les aspects de sa vie quotidienne, sans jamais se limiter à l’étude. « L’accent est mis sur la prière et la soumission aux commandements divins, à la Loi révélée plutôt que sur son étude qui a bien souvent dégénéré en un pur et desséchant exercice intellectuel (1). »À la mort du Baal Chem Tov, son élève le Maguid de Mezeritch reprend le flambeau. Puis il est décidé que, pour une meilleure diffusion du message, plusieurs maîtres spirituels s’installeront dans plusieurs villes. Celles-ci donnent aujourd’hui encore leur nom à divers courants du hassidisme : Satmar, Gour, Belz ou Loubavitch. Le rabbi Chnéour Zalman de Liady dirige cette dernière branche, alors connue sous le nom de Habad, acronyme des mots hébreux signifiant « sagesse, compréhension, connaissance ».
Une pratique religieuse intense
Sa particularité est d’allier émotion et réflexion. « Pour les loubavitchs, le sentiment est important, mais il est trop fugitif, résume le rabbin Haïm Nisenbaum. Il faut donc construire au-dessus de lui par la méditation et l’étude, quitte à ce que l’émotion reprenne le dessus quand l’étude arrive à son terme. » Le mouvement revendique donc ses deux piliers : la « vitalité de l’émotion », et la « solidité de la construction ».Parce que les enseignements du Baal Chem Tov, pas plus que ceux des sept rabbis de Loubavitch, ne contredisent pas dans l’ensemble la tradition juive – ils ont davantage « mis en relief des idées présentes, et parfois oubliées, dans la Bible, le Talmud et la Kabbale » (1) –, le mouvement Habad est considéré comme orthodoxe, au même titre que le judaïsme consistorial, mais généralement qualifié de piétiste (2). De fait, les 30 000 membres qu’il revendique en France se caractérisent à la fois par l’intensité de leur pratique religieuse – ils sont censés observer scrupuleusement les mitsvot (commandements de la Loi mosaïque) et font une lecture littérale de la Torah –, mais aussi par une ferveur particulière lors des offices et des fêtes, et un goût pour les grands rassemblements communautaires en public : allumage de chandeliers géants dans les grandes villes, lors de la fête de Hanoukka par exemple.Cela n’est pas sans lien avec la mission principale qu’il s’est donnée : rapprocher les juifs non-religieux de la Torah et de ses commandements, et ce par tous moyens, y compris les nouvelles technologies (Internet par exemple). Ce que leur reprochent les juifs ultra-orthodoxes, qu’ils se revendiquent du hassidisme ou non.
Des relations compliquées avec le Consistoire
Les relations du Habad avec le Consistoire sont toutefois compliquées. De nombreux consistoires régionaux n’hésitent pas à lui confier certaines missions difficiles – responsabilité de petites communautés isolées, de l’enseignement aux enfants, animation de rassemblements communautaires, etc. –, mais refusent en revanche de nommer ses rabbins à des postes officiels, au motif qu’ils n’ont pas suivi le Séminaire israélite de France. Problème : de plus en plus de ceux qui occupent ces mêmes postes n’ont pas davantage suivi ce cursus, dont la qualité est assez unanimement décriée.La situation pourrait-elle changer, avec l’arrivée du nouveau grand rabbin de France Gilles Bernheim ? Celui-ci leur reconnaît, dit-on, au moins deux mérites : les rabbins loubavitchs sont les seuls qu’il a croisés dans les hôpitaux auprès des malades qu’il visitait lui aussi ; et ils sont, à ses yeux, les seuls capables de ranimer la vie juive dans des communautés déclinantes. Il est en revanche tout aussi évident que leurs options diffèrent dans d’autres domaines : nécessité du dialogue interreligieux, par exemple, ou encore d’une parole juive au-delà des frontières de la communauté.
Anne-Bénédicte HOFFNER
(1) Qu’est-ce que le hassidisme ? de Haïm Nisenbaum, Seuil, collection « Points Sagesses ».(2) La Condition juive dans la France d’aujourd’hui, de Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël (PUF, 2009).
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