"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma  Ed Universlam

CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions
Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

lundi, février 06, 2006

CHAMPS
SAVANTS


LA PROBLEMATIQUE
DE LA JUDEITE DES PEULS


(3è partie)




Salomon et la reine de Saba dans la mythologie pulaar


Dans les mythes peuls un double rattachement de ce peuple à Salomon est perceptible. D’abord par Bouytôring, le fils du premier homme Kîkala : il réussit la prouesse de dérober du fer aux mines qui appartenaient aux génies de Salomon. Il apparaît donc comme son alter ego: Salomon réussit à soumettre les génies par le pouvoir et la magie procurés par son sceau, Bouytôring réussit lui par la ruse et le courage.
Ensuite par Bilqis, la reine de Saba et l’une des épouses de Salomon: les Peuls la considèrent comme leur tante. Cette affiliation s’avère des plus utiles : Salomon est totalement au service des Peuls: non seulement il fait construire Heli et Yoyo, leurs cités originelles par ses génies, mais en plus, il apparaît comme celui-là même qui initia les Silatiguis à la connaissance des plantes, des animaux et des hommes.
- Le mythe du retour : les Peuls croient qu’un jour ils retourneront à leur patrie originelle. Le parralélisme avec l’aliya est saisissant.



Sacralisation du feu



Chez les Juifs le premier feu, l’altar, est d’origine divine. Il a été descendu du Paradis. Il est resté allumé de Moïse jusqu’à son transfert au Temple de Salomon. Il a continué à brûler jusqu’au règne de Manasseh. Le feu du second Temple est d’origine humaine. A travers le candélabre il est symboliquement transféré du Temple au sein de chaque foyer juif.
Chez les Peuls : dans Laaytere koodal il est fait allusion à un feu qui est toujours allumé. Il s’agit du feu sacré de la maison. Il ne doit jamais s’éteindre. Cela correspondrait à l’extinction de la famille. Ce feu ne relève pas seulement du mythe : on retrouve des cas pratiques dans la vie au quotidien.



Le bouc émissaire et cas similaires



Chez les Juifs le rite du bouc émissaire tourne autour du sacrifice d’un bélier comme holocauste, d’un taureau pour l’expiation des péchés d’Aaron et de sa famille et de deux boucs. Les boucs sont tirés au sort : un sort à Jéhovah et un sort à Azazel. Le premier bouc est sacrifié à Yahvé en offrande pour les péchés d’Israël. Le Pentateuque précise qu’Aaron qui est ici le prêtre officiant prend avec ses doigts du sang du taureau et du sang du bouc pour faire expiation des péchés de tous et de chacun. Mais cela ne suffit guère à l’expiation totale du peuple d’Israël. C’est pourquoi, en guise de complément, tous les péchés d’Israël sont confessés sur le deuxième bouc qui est alors abandonné dans le désert, à Azazel. Le rite du bouc émissaire est à rapprocher du rite d’expiation de la lèpre où on substitue deux oiseaux aux deux boucs. Ces pratiques ne sont pas propres aux Juifs. Elles étaient courantes dans l’Orient antique. A Babylone, durant les festivités du nouvel an (Akîtu) un bouc était immolé en substitution d’une âme humaine (pûh) et en l’honneur d’Ereshkigal, Dieu des Abysses. Il est probable qu’au début les Babyloniens procédaient à des sacrifices humains. Chez les Hittites, en cas de disette, un bouc était abandonné chez l’ennemi afin d’y transférer ce malheur. Il était apprêté : sur sa tête était déposée une couronne sculptée dans un bois coloré et comparable au fil en bois cramoisi que portait le bouc à l’époque du second Temple.
Chez les Peuls, on connaît la pratique de « l’attache bouche du village » : un bouc est choisi exprès pour servir de paravent à tous les malheurs qui doivent tomber sur le village. De cette pratique se rapproche celle du « xaru sarax » (litt. mouton de sacrifice en Wolof). Ce bélier blanc sensé protéger son ou ses maîtres porte quelquefois autour du cou une étoffe rouge qui n’est pas sans rappeler la couronne hittite et le bois coloré du Second Temple abordés ci-dessus. Il arrive aussi que le maître du bélier blanc, pour parfaire cette protection, porte exprès une chevalière avec le sceau se Salomon. Rappelons que Kobbu le fidèle bélier de Bouytôring dans Njeddo Dewal finira sacrifié. Ce sacrifice est-il une réminiscence du sacrifice d’Abraham ? Toujours est-il qu’à la Tabaski ou Aid al-Kabîr qui est la fête qui commémore ce sacrifice on n’hésite guère, un peu partout au Soudan, à enduire son index du sang du bélier et à le marquer de son front. On pense à Aaron officiant. Il semblerait aussi qu’en certains endroits un Peul était sacrifié aux Dieux Ma, Wa et Sa du panthéon pulaar. La raison est que le Peul est considéré comme le confluent humain du blanc et du noir. Enfin la pratique du korte qui consiste à jeter un mauvais sort sur quelqu’un se fait ordinairement par le support d’oiseaux, exactement comme avec le rite d’exorcisme de la lèpre.
- L’anthroponymie pulaar fait penser à une inspiration biblique : Hammadi (le protégé du Dieu Ham), Samba (le protégé du Dieu Sam ou Sem), Pathé (le protégé du Dieu Path [Phut ?]), …
- Le nombre de lignages peuls : il semble qu’au départ, ils étaient au nombre de douze et que c’est par la suivante qu’ils seraient passés à quatre sous l’instigation de Soundjata. On pense aux douze tribus d’Israël ou aux douze « clans » initiaux du Mande.

Cette liste est loin d’être exhaustive : d’autres occurrences permettent d’approfondir la comparaison : croyance en des jours fastes et néfastes, modulation des principaux évènements de la vie (voyage, mariage, funérailles, …) en fonction de ces jours, pratique du lévirat, pratique du soeurorat, pratique de la circoncision, interdits alimentaires, intégration de Mathusalem dans la culture wolof comme élément de définition des temps immémoriaux, …
- Lexique Pulaar – Hébreu : De nombreux termes pulaar présentent des similitudes frappantes avec des termes hébraïques, aussi bien du point de vue du signifiant que du point de vue du signifié.

IDRISSA BA


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