"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS

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Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha

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Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam

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CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions

CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions
Sortie en librairie début mai 2013

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE

A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS

dimanche, février 19, 2012

SENEGAL
ELECTIONSPRESIDENTIELLES2012
DERNIERELIGNEDROITE
SOUSHAUTETENSION

Source : cdakar.com via directmatin.fr
en ligne le 16 février 2012



ENTRETIEN EXCLUSIF

DE YOUSSOU N’DOUR :
"LE POUVOIR A PEUR DE MOI"




Youssou N’Dour entend mettre sa notoriété au service de son pays, le Sénégal.



Mondialement connu grâce à sa musique, Youssou N’Dour entend mettre sa notoriété au service de son pays, le Sénégal. A dix jours du premier tour de l’élection présidentielle (le 26 février), il a endossé le rôle de porte-voix de l’opposition au président Abdoulaye Wade. A 85 ans, ce dernier brigue un troisième mandat, ce que lui interdit en principe la Constitution sénégalaise. Youssou N’Dour a quant à lui vu sa candidature écartée, officiellement pour n’avoir pas présenté un nombre suffisant de signatures. Mais le chanteur reste persuadé que le pouvoir a voulu se débarrasser d’un concurrent trop dangereux.



D’où vient votre engagement politique ?

Je suis au Sénégal comme musicien et homme de culture depuis 35 ans, et ai été amené à parler avec mes dirigeants. Et dans mes chansons, il y a une démarche politique. Mais je me suis rendu compte que je n’étais pas écouté. Et j’ai vu que la démocratie dans mon pays était torpillée. Il y a un an et demi, j’ai donc monté le mouvement citoyen « Fekke ma ci bollé » (« Je suis là, donc, j’en fais partie », en wolof, ndlr) afin de contribuer à l’émergence d’un nouveau citoyen sénégalais, mieux informé. Des milliers de personnes ont compris mon message, et ont demandé à ce que je joue un rôle.

Pourquoi votre candidature a-t-elle été rejetée ?

Le pouvoir a peur de moi. Il s’agit d’une décision politique. L’argument selon lequel j’avais un nombre insuffisant de signatures est ridicule. Je pense qu’ils ont été surpris par ma candidature. Au Sénégal, il n’existe pas d’institut de sondage, mais les renseignements généraux font des études. Et apparemment, nous étions très bien placés pour les élections, voire majoritaires.

Comment comptez-vous continuer à peser sur le jeu politique ?

Autour du M-23 (le mouvement du 23 juin, ndlr). Nous sommes beaucoup de leaders à y être représentés, quasiment toute l’opposition. Nous menons la bataille de manière pacifique, et manifestons même si cela nous est interdit. Le président Wade n’a pas le droit de se représenter. Et je sais que je représente une grande partie de l’opinion. Mon mouvement s’organise donc pour les « vraies » élections. Celles du 26 février n’auront aucune valeur. Les « vraies » auront lieu peut-être dans quelques mois, ou dans un an.

Craignez-vous des violences si Wade était élu ?

Il y a un risque de radicalisation. Si Wade force les élections, nous ne pourrons pas maîtriser la réaction des gens. J’attire donc l’attention de la communauté internationale : il faut qu’elle mette la pression. Je ne suis pas pour l’ingérence, mais la Constitution est bafouée. J’ai entendu les déclarations du Quai d’Orsay, mais cela ne suffit pas. Il est du devoir de la France de nommer clairement le responsable de cette situation : le président Wade.

Jusqu’où pensez-vous que le pouvoir soit prêt à aller pour se maintenir ?

Il y a déjà eu cinq morts. J’essaie d’avertir les forces de l’ordre, afin qu’elles ne soient pas amenées à tirer sur la population. Ce serait catastrophique. Wade est prisonnier de son entourage. Des gens au sein de celui-ci ont fait des bêtises et veulent conserver le pouvoir à tout prix. J’ai pitié de lui : c’est un vieil homme, le plus vieux président au monde (85 ans, ndlr). Sans Wade, je suis persuadé que le Sénégal pourra retrouver la place qui lui revient dans le concert des nations. •

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