CONTRE
LINDIGNATION
IMBECILE
UNEDOUCE
COLERE
VENUEDISRAËL
Source : lepost.fr en ligne le 12 mars
Lettre ouverte
à Stéphane Hessel
Monsieur Hessel, je voulais vous dire que je vous plains.
Il n’y a chez moi aucune indignation, excusez-moi. Ce sentiment me semble indigne de toute cause noble, lorsque j’y pense, je ne peux m’empêcher d’avoir à l’esprit la commère en bigoudis, poings sur les hanches et qui s’indigne en faisant oooohhhhh !!!! son balai pas très loin, parce que le chien du monsieur du cinquième a fait caca sur son palier, excusez-moi.
Aucune exaspération non plus, tout sentiment qui pourrait me faire sortir de moi-même m’effraie, les exemples sur le sujet abondent et ils sont significatifs, vous ne trouvez pas ? N’est-ce pas vous-mêmes qui écrivez « On peut se dire que le terrorisme est une forme d'exaspération » ? Cela aurait du suffire pour que votre appel devienne : « Ne cédez jamais à l’exaspération ! », non ?
Mais je ne comprends pas tout.
Il n’y a en moi, monsieur Hessel qu’une juste colère et une immense tristesse. Colère parce que c’est ce sentiment là que soulèvent l’injustice et la mauvaise foi, la colère qui, si chacun sait qu’elle est mauvaise conseillère, est, lorsqu’elle ne s’assortit pas d’exaspération, un magnifique moteur de justice et de libération, vous en savez quelque chose, n’est-ce pas ?
Et tristesse, parce que ce monde que j’offre à mes enfants n’est en rien celui que je voulais qu’il soit, où l’hypocrisie et le mensonge plus que jamais sont rois et où jamais mon peuple, qui pourtant avait eu son compte, n’a été tant détesté, ni si bien.
Je n’ai pas lu votre livre, monsieur Hessel. Excusez-moi.
Je ne l’ai pas lu par respect pour votre passé.
Je n’ai pas envie de juger, qui serais-je pour le faire, mais je ne partage pas vos sentiments. Nulle forfanterie de ma part, monsieur Hessel. Je n’ai aucune intelligence visionnaire, aucune information secrète, aucun mérite particulier. Juste, je vis sur place.
Je vis dans un pays où la peine de mort n’a jamais eu à être abolie parce qu’elle n’a jamais existé.
Je vis dans un pays où les femmes, toutes les femmes, ont toujours eu le droit de vote.
Le mot colon a, chez nous, un sens autre, j’ai envie de dire plus concret. Jugez plutôt. Mes enfants, qui apprennent l’arabe pour pouvoir un jour prochain converser avec leurs voisins, ont pour amis les enfants francophones des ambassadeurs africains. Francophones et anglophones, aussi. Nos Argentins, Colombiens et autres Guatémaltèques sont, eux, hispanophones… Vous saisissez le sens de cet élément ?
Mes enfants ont aussi pour amis les enfants de l’ambassadeur d’Egypte, dont ils partagent sincèrement les inquiétudes et les espoirs. Le plus beau garçon de leur campus est, de l’avis de toutes les filles, un palestinien qui répond au doux prénom de Kassam. Ca ne s’invente pas.
Nous cédons chez nous la priorité aux carrefours à des arabes voilées au volant de rutilants 4x4 pendant qu’à l’arrière, leurs enfants font des grimaces aux nôtres et vice et versa, les musulmans représentent un tiers de notre population et notre Jerusalem n’est jamais si belle qu’à l’appel du muezzin. Si dans le contexte nous conservons les sièges de nos mairies, c’est forcément que tous ces arabes votent pour nous.
Parce qu’ils votent ici, monsieur Hessel, les hommes comme les femmes, et ils ont aussi des députés et des partis, et ils sont de plus en plus nombreux à faire l’armée dans nos rangs. Allez comprendre !
Combien loin nous sommes de vos absurdes revendications et de votre ahurissante indignation…
Comprenez-moi bien, monsieur Hessel. Je ne dis pas que vous mentez. Je dis juste qu’il y a une autre vérité, et que vous semblez passer complètement à côté.
Je ne vous ai pas lu, monsieur Hessel, mais j’ai eu l’occasion d’entendre de ci de là des extraits de votre indignation. Vous avez paraît-il écrit que « Se dire 'la violence n'est pas efficace', c'est bien plus important que de savoir si on doit condamner ou pas ceux qui s'y livrent. »
Vous y pensez aujourd’hui, quand en Israël la surveillance aux barrages s’est assouplie, parce que c’est quand même à ça qu’elle sert, à protéger, excusez-nous, et qu’un courageux exaspéré en a profité, de nuit, pour s’introduire dans une maison, et tuer le père, la mère et trois enfants, dont un bébé de quelques semaines, fallait-il qu’il soit exaspéré… ? Vous qui affirmez qu’on peut les comprendre, s’il vous plaît, expliquez-moi.
Expliquez-moi pourquoi la presse européenne est si discrète ? Pourquoi quand on relaie l’information, on parle d’ « attaque » quand il est question d’un monstre qui a sauvagement assassiné au couteau des enfants dans leur sommeil ? De « la mort de cinq colons » ? C’est quoi, « colon », d’abord ? C’est une nationalité, maintenant ? A un mois, à trois ans, on l’est déjà ? Pourquoi personne n’emploie le mot « massacre », alors que pour une fois, hélas, il serait approprié… Ceci n’est pas nouveau, je sais bien, je me souviens d’un certain article sur l’ « attaque d’un car de colons » dans les années 90, quand ces colons-là avaient entre 9 et 12 ans et que le car était un car de ramassage scolaire… Dites, monsieur Hessel, l’indignité et la bassesse, ça vous indigne aussi ? Quand aucun français tué en Afrique francophone n’est jamais appelé colon…
Mais peu importe. Pendant que nous parlons, des missiles continuent d’être tirés de la bande de Gaza vers les civils israéliens des villes voisines sans que personne ne s’en émeuve, vous pas plus que les autres…
Monsieur Hessel… Rassurez-moi… Quand vous cessez d'être indigné, vous prenez parfois votre tête entre vos mains ? Vous versez parfois quelques larmes ?
Revue de presse, panorama du monde, blog de lutte contre l'antisémitisme et le racisme, ouvert au dialogue, l'autre image d'Israël, la culture juive à la rencontre de toutes les cultures, le monde juif tel qu'il est.
"LES MUSULMANS ET LE SEXE" de NADER ALAMI Editions GUMUS
Recueil de Poésie en Hommage à Jenny Alpha
Couv "LES PLEURS DU MÂLE" Recueil de Slams d'Aimé Nouma Ed Universlam
CAMILLE CLAUDEL Naissance d'une vocation parJeanne Fayard Rivages Editions
Sortie en librairie début mai 2013
A LA RECHERCHE D'UNE MEMOIRE PERDUE
de GISELE SARFATI Editions PLUMES et CERFS-VOLANTS
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