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CONTINUESALUTTECONTRE
UNGOUBERNEMENT
REPRESSIFQUITANGUE
Source : dépêche AFP diffusée le 20 février
Yémen:
violences à Sana et Aden,
un leader de la contestation arrêté
De Jamal Al-JABIRI (AFP)
SANAA
De violents heurts ont opposé samedi des manifestants anti-régime aux forces de sécurité faisant un mort et plusieurs blessés à Aden, la grande ville du sud du Yémen, alors que des opposants et des partisans du régime se sont violemment affrontés à Sanaa.
Hassan Baoum, principale figure de la contestation sudiste au Yémen, a été arrêté dimanche après son arrivée à Aden pour participer aux manifestations contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, a annoncé son fils Fadi.
M. Baoum a été arrêté avec un autre de ses fils, Fawaz, à l'hôpital Naqib, où il subissait des examens médicaux, et a été conduit par les forces de sécurité vers une destination inconnue, a précisé Fadi Baoum. Selon lui, M. Baoum était arrivé quelques heures plus tôt à Aden en provenance de Laheh, plus au nord, avec l'intention de participer aux manifestations qui ont pris une tournure violente dans la principale ville du sud du Yémen.
Hassan Baoum est le chef du Conseil suprême pour la lutte pacifique pour la libération du sud, principale composante du Mouvement sudiste, qui anime la contestation contre le pouvoir central dans le sud du pays, un Etat indépendant jusqu'en 1990.
Il avait déjà été arrêté le 9 novembre, et libéré le 1er janvier après plusieurs semaines en détention Le président contesté Ali Abdallah Saleh, cité par l'agence SABA, a affirmé samedi que le Yémen était un pays "démocratique". "Il est du droit de tous les citoyens d'exprimer leurs opinions de manière pacifique, par les voies démocratiques (...) sans avoir à bloquer les routes et tuer".
A Aden, les manifestations hostiles à M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, ont repris en soirée et un adolescent de 16 ans a été tué par une balle perdue lors de la dispersion par les forces de sécurité de centaines de protestataires, selon une source hospitalière. L'adolescent se trouvait près de son domicile dans le quartier de cheikh Osmane lorsqu'il a été mortellement touché, selon sa famille .
Pour la quatrième soirée consécutive, des milliers de personnes ont participé à des manifestations dans plusieurs quartiers d'Aden, scandant "Le peuple veut la chute du régime", malgré un important déploiement des forces de sécurité, selon le correspondant de l'AFP sur place.
"Ni Nord ni Sud, notre révolution est celle des jeunes", répétaient également les manifestants, semblant se démarquer du Mouvement séparatiste sudiste. Le sud-Yémen était un Etat indépendant jusqu'en 1990. La police a tenté de disperser les marches à coups de grenades lacrymogènes et en tirant à balles réelles, faisant 11 blessés, dont deux fillettes de 9 et 11 ans, dans le quartier de Cheikh Osmane, selon des sources médicales. Des tirs nourris y étaient entendus tard le soir.
Deux soldats ont été blessés par des inconnus qui ont tiré en leur direction près de la poste centrale de la ville, selon des témoins. Comme les nuits précédentes, des jeunes gens ont bloqué plusieurs rues d'Aden en y plaçant des pneus enflammés. Le nouveau décès porte à 10 le nombre de personnes tuées à Aden et à 11 le bilan global des morts au Yémen depuis l'intensification des manifestations le 13 février.
M. Saleh a accusé sans les nommer les sécessionnistes sudistes d'être responsables des troubles dans le Sud.
Dans la capitale Sanaa, les heurts ont tourné à la bataille rangée. Ils ont éclaté après que des partisans du régime ont tenté de prendre d'assaut le campus de l'Université de Sanaa, foyer de la contestation. "Le peuple veut la chute du régime", scandaient les étudiants.
Un journaliste de l'AFP a vu un étudiant s'effondrer, atteint d'une balle au cou et noyé dans son sang, et ses compagnons criant "il est mort, il est mort". Cependant, le ministère de l'Intérieur a assuré dans un communiqué qu'un "certain nombre de manifestants ont été blessés" mais "seuls quatre d'entre eux sont restés à l'hôpital et il n'y a pas eu de mort".
D'autre part, 50 membres du parti présidentiel, le Congrès populaire général ont présenté leur démission, dénonçant "les agissements des forces de sécurité". Celles-ci ont bloqué les accès de la ville, pour empêcher selon une source de ces services, les habitants des autres provinces sudistes de se joindre à la contestation.
A Taëz, à 270 km au sud-ouest de Sanaa, un sit-in de milliers de manifestants s'est poursuivi au lendemain d'une attaque ayant fait un tué et 47 blessés.
M. Saleh a promis le 2 février de mener des réformes et de ne pas briguer un nouveau mandat en 2013, sans parvenir à calmer la rue. L'opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, est restée à l'écart de ces manifestations.
Le président américain Barack Obama a condamné le recours à la violence contre les manifestants au Yémen, pays pauve de la péninsule arabique et un allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda.
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