LESNOUVEAUXBILLETS
DEBANQUEISRAELIENS
SERONTALEFIGIE
DEPOÊTES
Source : israelvalley.com via Arouts 7
en ligne le 11 mars
LA BANQUE D'ISRAËL DECIDE:
BEGIN ET RABIN N'AURONT
PAS LEURS PORTRAITS SUR
LES NOUVEAUX BILLETS DE BANQUE.
DES POETES AURONT CET HONNEUR.
Le gouverneur de la Banque d’Israël a pris une décision concernant les portraits qui doivent figurer prochainement sur les nouveaux billets de banque. Stanley Fischer a annoncé qu’ils ne porteraient pas l’effigie de Menahem Begin ni de Itshak Rabin. En revanche, on pourra y voir celle des poètes Shaoul Tchernichovsky, Léah Goldberg (1), Nathan Alterman (2), et Rachel. Contrairement donc aux billets de banque précédents, il n’y aura aucun homme politique et la littérature israélienne sera à l’honneur.
Fischer a souligné également, qu’à l’occasion de la Journée internationale de la Femme, il avait décidé d’accorder la même place aux hommes qu’aux femmes sur ces coupures. Il ne lui reste plus à présent qu’à obtenir l’accord du gouvernement pour ces derniers changements. C’est la cinquième fois que le professeur Fischer change d’avis.
(1) Leah Goldberg née le 29 mai 1911 à Königsberg, alors en Allemagne, décédée le 15 janvier 1970 à Jérusalem, est une femme de lettres prolifique en hébreu, poétesse, auteur de livres en prose pour les enfants et les adultes, dramaturge, traductrice et chercheuse en littérature, une des classiques de la littérature israélienne. Elle était la fille d’une famille juive de Lituanie. Eliane Ketterer
(2) Un excellent article paru dans “Les Echos d’Israël”
Nathan Alterman (1910-1970), poète, auteur dramatique et traducteur israélien, l’un des créateurs les plus importants de la littérature hébraïque du 20ème siècle. A reçu le prix d’Israël en 1958. Père de la poétesse Tirtsa Atar.
Nathan Alterman est né en Pologne, à Varsovie. Son père Yitzhak était un éducateur sioniste passionné et l’un des pionniers du jardin d’enfants hébreu, sa mère Bella était dentiste de profession, une femme fermée et introvertie, d’un caractère diamétralement opposé à celui de son mari. Dans le cercle des amis de la famille, et qui étaient encore en Europe, se trouvaient les meilleurs écrivains hébreux de l’époque, Nahman Bialik, Yitzhak Peretz, Hillel Zeitlin et d’autres. Cela eut une influence décisive sur le jeune Alterman, tant du point de vue de sa connaissance approfondie de la langue hébraïque que du point de vue de son mode de relation ambivalent vis-à-vis du style de la génération des pionniers de la littérature hébraïque.
En 1925, la famille s’installa en Israël et fixa sa résidence dans la ville de Tel-Aviv. Nathan Alterman fit ses études secondaires au LycéeHerzlyia. Il y fut considéré comme un élève renfermé et timide, ayant tendance à bégayer et peinant à trouver sa place dans la société de son âge. C’est peut-être la raison pour laquelle, des années étant passées, alors qu’il était déjà connu comme une personnalité estimée et influente, il manifesta précisément toujours une grande sympathie vis-à-vis des populations à faible revenu, des gens pauvres et malheureux.
En 1929, sur l’ordre de son père, Nathan Alterman partit étudier l’agronomie en France. Durant la période de son séjour à Paris, il fut profondément influencé par la poésie des symbolistes français et russes, et il commença d’écrire des poèmes qui furent publiés dans l’hebdomadaire hébreu Ketuvim. Quatre années après son retour en Israël, il travailla une courte période comme enseignant au lycée Miqwe Israel, mais au bout de peu de temps, il se consacra à son véritable amour, l’écriture de livres. Nathan Alterman appartint à un groupe d’écrivains dénommé Yahdav, à la tête duquel se trouvait Abraham Shlonsky qui fut connu alors comme le plus grand opposant littéraire à Nahman Bialik. Ce choix de Nathan Alterman, une sorte de révolte contre l’autorité de son père, qui était considéré comme un grand admirateur de Nahman Bialik, marqua son chemin comme un artiste indépendant et novateur qui annonce, avec les autres membres du groupe, la venue d’une ère d’avant-garde dans la littérature hébraïque.
On répartit généralement la poésie de Nathan Alterman en deux types : une poésie politique sociale et une poésie lyrique. Sa poésie politique répond aux problèmes de l’heure et reflète l’état des esprits du Yishuv hébreu avant et après la création de l’Etat. Dans les années quarante, entre 1934 et 1943, ses poèmes d’actualité furent publiés dans le journal Ha-Aretz, puis dans la septième colonne du journal Davar (plus tard, les poèmes de « la septième colonne » furent rassemblés dans le livre de ce nom). Dans ces poèmes, il attaquait le gouvernement du Mandat britannique et décrivait le combat de la Hagana et du Palmah en vue d’une immigration libre et d’un Etat indépendant.
Lorsqu’éclata la guerre d’Indépendance, Nathan Alterman publia l’un de ses poèmes les plus célèbres, « plateau d’argent », où il décrivait le prix du sacrifice exigé pour l’établissement de l’Etat d’Israël. Au cours des années, ce poème devint l’un des textes fondamentaux du système de valeurs sioniste et de la culture hébraïque.
Les années 50 sont considérées comme la période « nationale » de la création de Nathan Alterman. Durant cette décennie, il s’appliqua à écrire un grand cycle épique « La ville de la colombe », sorte de large chronique poétique qui passe en revue la période du « combat », la guerre d’Indépendance et l’immigration en masse dans les premières années de l’Etat. Après la guerre des Six jours, le poète fut connu comme soutenant idéologiquement l’idée du « Grand Israël ».
La poésie lyrique de Nathan Alterman fut d’abord publiée dans l’hebdomadaire Ketuvim, puis dans la revue Turim, dont Abraham Shlonsky était le rédacteur. Plus tard, Nathan Alterman fut parmi les fondateurs de la revue Mahbarot LaSafrut, et c’est alors qu’il conquit sa place comme une personnalité dominante parmi les poètes de la nouvelle génération. Sa poésie lyrique se fonde sur des comparaisons mythiques qui mettent en contraste deux mondes : d’une part, le monde de la nature à son commencement, sorte de paradis perdu, d’où le poète a été exilé et vers lequel il aspire à revenir, et d’autre part, l’urbanisme moderne qui est drainé à l’intérieur d’un mode de vie urbain, froid, étranger, qui l’accueille avec un sentiment de malheur qui annonce la mort. La confrontation entre la nature sauvage et la ville moderne constitue un thème central des poèmes de Nathan Alterman et s’exprime également dans ses poèmes d’amour dans lesquels la femme est, ou l’un des habitants du paradis perdu, ou l’une des filles de la ville terrible, ou un mélange de quelqu’un qui vit dans les deux mondes. Dans tous ses poèmes, même ceux qui ont une nuance politique, la structure de la strophe et de la ligne, du rythme et de la rime sont travaillés avec minutie. En dehors des poèmes, Nathan Alterman a également écrit des pièces de théâtre, dont sa célèbre pièce, « L’auberge des fantômes ».
Nathan Alterman fut marié à l’actrice Rachel Markos, tout en menant un long roman avec la peintre Tsila Binder. Il fut le père de la poétesse Tirtsa Atar. Sa personnalité connue et très influente fut l’une des plus dominantes du cercle qui se réunissait au café Casit de Tel-Aviv.
Parmi ses œuvres : Des livres de poésie : « Etoiles dehors » (1938), « Joie des pauvres » (1941), « Poèmes des plaies d’Egypte » (1944), « La ville de la colombe » (1957), « Fête d’été » (1965). Des pièces de théâtre : « Kineret, Kineret » (1961), pièce historique qui reconstitue le monde de la Seconde vague d’immigration, « L’auberge des fantômes » (1962), pièce poétique sur la relation entre l’art et la vie et la force de la création, « Le procès de Pythagore » (1965), pièce philosophique touchant les problèmes fondamentaux de l’existence humaine à l’ère du progrès scientifique et technologique, « La reine Esther » (1966), sorte de parodie rimée du mélodrame comique traditionnel Purim Spiel. Pour les enfants : « Le livre du mot chanté » (1958). Il a également traduit des pièces de théâtre en hébreu, en particulier des œuvres de Shakespeare et de Molière, et il a écrit des dizaines de tubes, biens inaliénables de la chanson hébraïque populaire (« Anémones », « Il faut sonner deux fois », etc).
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